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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 05:45

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AVT Gustave-Courbet 448

 

Gustave Courbet

 

 

Artiste peintre français


Né le 10 juin 1819 à Ornans - Doubs (25)


Décédé le 31 décembre 1877 à La Tour-de Peilz - Suisse

 

 

 

- Jean Désiré Gustave Courbet a sa légende, dont il ne faut pas être qu'à moitié complice. Le réaliste, l'apôtre du laid, le tombeur de la colonne  Vendôme ne sont qu'un des profiles d'une peinture aussi riche que contradictoire. "Sans idéal ni religion", proclamait-il, mais avant tout, peintre.

Au publicite Francis Way, il déclare : "je peins comme un Dieu", et cet orgueil, souvent moqué, manifeste dans son goût presque narcissique de l'autoportrait, est celui d'un homme à l'extraordinaire métier, dont les ambitions, mêmes confuses, sont toujours sauvées par la réussite picturale.

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Atelier de Gustave Courbet

La part, chez Courbet, de l'atavisme familial et géographique est évidente. Le père, mi-hobereau, mi-paysan, un "culot", synoyme franc-comtois de "chimérique", le grand-père maternel, fidèle aux principes de 1789, la mère, prudente et avisée, expliquent beaucoup de la psychologie complexe du peintre. Quant à Ornans et à la vallée de la Loue, le peintre y trouvera une source continue d'inspiration.

 

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      Le chêne de Flagey

- "L'histoire de ce tableau est originale. Il fut vendu aux Etats-Unis, en 1898. Racheté par un collectionneur japonais en 1987, qui fit part de son intention de le revendre. Le Conseil général du Doubs, décida de se porter acquéreur. Le mécénat et les dons privés ont été complétés  par des  subventions du Conseil  général, du Conseil régional, du ministère de la culture et des collectivités de la région. Depuis septembre 2012, le Chêne de Flagey a été classé comme "oeuvre d'intérêt patrimonial majeur" reconnu et protégé en tant que "trésor national". Il ne pourra plus sortir du territoir français"


Sa vocation s'affirme très tôt. Après des études quelconques au petit séminaire d'Ornans, puis à Besançon où il s'initie à la peinture et pratique la lithographie, il va à Paris, en 1840, pour faire son droit, en vérité pour peindre. Ses débuts sont obscurs; on sait qu'il fréquente plusieurs ateliers en élève libre. Mais, s'il échappe au cursus académique, on ne doit assurément pas sous-estimer la formation et la culture du jeune Courbet.

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La femme au perroquet

Les oeuvres des années 1840-1848, que l'on peut qualifier par leur sujet (Guitarrero, 1845, collection privée) ou par leur manière (L'homme à la pipe, 1846, Musée de Montpellier) de romantique, surprennent par la qualité immédiate du métier, la complexité des influences : italiens, des Venise à Naples, espagnols, nordiques sont les modèles auxquels le peintre se réfère.

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Courbet au chien noir

Dans Courbet au chien noir, 1842, petit palais/Paris, l'autorité de la mise en page, l'élégance du contour enfermant l'animal et son maître, la simplicité de l'effet clair-obscur, la clarté enfin du paysage sont d'un peintre svant qui rend autant d'hommages à Bellini, Titien et même Bronzino. Avec un arsenal narratif réduit à l'extrème, Les amants dans la campagne (versions au petit palais et à Lyon sont d'un lyrisme sans fadeur, immédiatement populaire.

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      L'homme à la pipe

Le peintre s'affirme au salon de 1849. Parmi les sept toiles qu'il envoi, si l'homme à la ceinture de cuir (Louvre), "étude des Vénitiens" comme il est précisé, reste dans la lignée des autoportraits précédents, l'Après-dîner à Ornans (Lille) apporte quelque chose de nouveau. Cette réunion d'amis surprend par son format ; Courbet ose traiter en grand la scène de genre. Aussi bien, l'influence d'un voyage fait en hollande en 1848 a-t-elle été décisive :
"Rembrandt charme les intelligences et il étourdit les imbéciles.Van Ostade, Van Craesbeek me séduisent." Le romancier et critique Champfleury ne s'y trompe pas et égare l'oeuvre "aux grandes assemblées de bourgmestres de Van der Helst". Le rapprochement est à moitié juste (Courbet était plus prêt des peintres monochromes que du brillant de Van der Helst). et le tableau sombre à mal vieilli, mais il sacrait un peintre original, depuis toujours étranger à l'idéalisme ingresque, désormais libéré du romantisme.
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Les baigneuses
Avec l'enterrement à Ornans (Salon de 1850-51, Louvre), objet de scandale et succès à la fois, la légende de Courbet est formée. Rassemblement de portraits (Les habitants d'Ornans, du maire au fosoyeur), l'Enterrement sidère par sa vérité autant que par son format. Un épisode banal est traité avec le même soin et la même attention psychologique que le Sacre de Napoléon par David. Les réactions sont violentes : "Est-il possible de peindre des gens si affreux" demandent des bourgeois dans un dessin deDaumier. "Accès farouche de misanthropie", "ignobles caricatures inspirant le dégoût et provocant le rire", telles sont les appréciations de la critique.
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 L'enterrement à Ornans
Faire vrai ce n'est rien pour être réaliste, c'est faire laid qu'il faut, rime Théodore de Banville. Le contresens que l'oeuvre de Courbet n'allait cesser de susciter est là. En fait, l'enterrement est une page d'humanité où Courbet, avec une attention scrupuleuse et la sympathie d'un "pays", montre comment un village réagit devant la mort. "Est-ce la faute du peintre, dit Champfleury, si les interêts matériels, les égoïsmes sordides, la mesquinerie de province, clouent leurs griffent sur la figure, éteignent les yeux, plissent les fronts" ? Mais Courbet n'a oublié ni l'émotion ni l'affliction vraie et sa comédie humaine est aussi complexe que celle de Balzac, la leçon satirique, le jugement moral sont second ; le réel, en fait, est magnifié, devient vérité générale grâce à la largeur du traitement, à la science du groupement désordonné des assistants, au lyrisme de la couleur : Vélasquez et Hals peuvent être évoqués.
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Autoportrait : Le désespéré
Désormais, Courbet est sacré par la critique comme le chef des réalistes aux côtés de Champfleury. Les provocations du personnage, les propos tenus à la brasserie Andler, lieu de réunion du cénacle, expliquent la célébrité tapageuse qui va être celle de l'école. Mais il faut n'accepter qu'avec prudence les appellations. Lorsque Courbet, à l'Exposition internationale de 1855, décidera hardiment d'organiser une présentation séparée de ses oeuvres, il s'expliquera dans la préface de son catalogue : "Le titre de réaliste m'a été imposée, comme on a imposé aux hommes de 1830, le titre de romantiques.Etre à même de traduire les moeurs, les idées, l'aspect de mon époque, selon mon appréciation, en un mot faire de l'art vivant, tel est mon but". Aussi bien Courbet voit-il avant de penser. Les casseurs de pierres (Salon de 1850-51, détruit à Dresle durant la dernière guerre) peinture socialiste selon Proudhon, sont nés d'abord d'une rencontre, d'une vision de misère sur une route : "C'est sans le vouloir, simplement en peignant ce que j'ai vu, que j'ai soulevé ce qu'ils appellent la question sociale".
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L'après-dîner
Un "oeil", avait dit Ingres de Courbet, et il semble bien que le goût de peindre  soit premier. Les demoiselles de village (Salon de 1852, Neww York, Metropolitan Muséum) sont bien un sujet social, l'aumône des soeurs du peintre à une gardeuse de vaches, mais l'essentiel pour l'artiste était un problème pictural, celui d'intégrer des personnages dans un site.De même le tableau des Baigneuses (Montpellier), cravaché dit-on par Napoléon III au Salon de 1853, est-il presque détaché du sujet. Quoi de plus académique qu'un nu dans un paysage ? "La vulgatité des formes ne serait rien, c'est la vulgarité et l'inutilité de la pensée qui sont abominables", note Delacroix dans son journal, rejoignant Ingres et annonçant Baudelaire dans une paradoxale mais incompréhensible alliance contre une peinture aussi dédintéressée et "antisurnaturaliste". Les baigneuse furent achetées par Alfres Bruyas, collectionneur sensible et distingué, que tout aurait dû séparer de Courbet, si ce n'est l'amour de la peinture ; La rencontre (Montpellier), admirable tableau de plein air, moqué pour le narcissisme du sujet, est un hommage mérité à un véritable amateur.

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Femme dormant sur son lit

En même temps, sous l'influence de Proudhon, comme poussé par sa propre réputation, Courbet se convainc qu'il est un peintre socialiste et se dit avoir participé à la rédaction du Principe de l'art et de sa destination sociale (1865), qui propose une nouvelle lecture de son oeuvre : ainsi la nudité déformée des Baigneuses, devient un avertissement des dangers de la vie paresseuse et débilitante de la bourgeoisie ; Les demoiselles des bords de Seine (Salon de 1857, Petit Palais) sont une image de l'univers triste du luxe.

 

L'Atelier du peintre, "allégorie réelle, intérieur de mon atelier, déterminant sept années de ma vie artistique" (exposition de 1885, Louvre) est une ambitieuse synthèse de l'idéologie de courbet. L'échec relatif vient de ce que la transcription symbolique reste confuse  et que l'on est surtout sensible à des "morceaux", comme celui de la femme nue qui regarde Courbet peindre. Le retour de la conférence (Salon de 1863, détruit) lourde sortie, qui montre des curés en goguette après un bon dîner, est trop picaresque pour être réaliste : la volonté de satire empêche ici la réussite franche.

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Les dormeuses

Paradoxalement, Courbet triomphe avec les tableaux sans "problèmes". La femme au perroquet (New york, Metropolitan Muséum) appelle pour Jules Antoine Castagnary la comparaison avec Titien, tandis que les troublantes Dormeuses (1866, Petit Palais) et L'origine du monde, savent séduire l'ambassadeur de Turquie Khalil Bey, acheteur du Bain turc d'Ingres. Le combat des cerfs, La remise des chevreuils (1861 et 1866, Louvre), l'Hallali du cerf (1867, Besançon) valent à courbet ses francs succès populaires. Il y montre tout son savoir de la nature et des animaux, confirmé par des séjours dans les forêts germaniques, avec une verve et une facilité quelquefois un peu lâchées.

 

Le peintre à succès mérite alors la légion d'honneur, que le socialiste olympien n'hésite pas à refuser. La guerre de 1870, les événements de la Commune vont bouleverser le cours de la vie de Courbet Président de la commission nommée par les artistes pour veiller à la conservation des musées et richesses d'art, il joue le rôle d'un directeur des beaux-arts. Il se signale avec la pétition du 14 septembre 1870 demandant le déboulonnage de la colonne Vendôme, "monument dénué de toute valeur artistique, tendant à perpétuer par son expression les idées de guerre et de conquêtes que réprouve le sentiment d'une nation républicaine" ; il est présent lorsqu'on abat la Colonne le 16 mai 1871. Après l'effondrement de la Commune, Courbet le "révolutionnaire" est arrêté et traduit en conseil de guerre. Condamné à six mois de prison, il purge sa peine à Sainte-Pélagie.

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Nature morte

 

Là, le peintre donne certains de ses tableaux les plus savoureux de texture, en particulier une série de natures mortes aux fruits, ou peint de mémoire marines et paysages avec un dépouillement et un amour qui émeuvent. La suite de sa vie est marquée par le souci de ses dettes ; on le refuse au salon de mai 1873 ; lorsque l'Assemblée adopte le projet de reconstruction de la colonne Vendôme et que Courbet est rendu solidaire des frais, il doit s'exiler en Suisse. La vente judiciare l'accable, et il meurt le 31 décembre. " Ne le plaignons pas, il a traversé les grands courants, il a entendu battre comme des coups de canon le coeur d'un peuple et il a fini en pleine nature, aux milieu des arbres", dira en guise d'oraison funèbre cet autre réfractaire que fut Jules Vallès.

 

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Tombe de Gustave Courbet

 

Gustave Courbet décéda le 31/12/1877, à La-Tour-de-Peilz (Suisse). Sa dépouille fut transféré à Ornans en 1919. Par solidarité avec ses compatriotes exilés de la Commune de Paris. Il refusa de retourner en France,  avant une armistice générale.

 

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Adresse du Musée Gustave Courbet:

Place Robert Fernier

25290 Ornans

 

Tel pour renseignements : 08.99.02.14.34

Tel Musée : 03.81.62.49.58

 

Site internet

 www.musee-courbet.com

 

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Published by Harmonia-messidor - dans Biographie
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commentaires

Danielle 20/03/2014 09:27

Mais Harmonia il n'y a aucun reproche dans mes mots, je sais parfaitement que tu ne dénigres ce tableau en aucune façon, je comprends ton souci de respecter les idées de tout le monde, les
sensibilités, je dis simplement que Courbet a choqué, c'est vrai, et pourtant il n'a fait que traduire avec un immense talent l'expression de la vérité. Et cette perfection se retrouve autant dans
le "chêne de Flagey" que dans "la naissance du monde" alors que les sujets en sont totalement opposés. Voilà le ressenti que je voulais exprimer. Grosses bises et très bonne journée. Danielle

Harmonia-messidor 24/03/2014 17:25



Ma chère Danielle, je n'ai pas vécu tes remarques comme des reproches. Je voulais simplement t'expliquer le pourquoi de ma décision. Je t'assure que j'aurais aimé publier ce tableau magnifique. Mon choix a peut-être été une erreur, je n'en sais
rien... Tu as très bien fait d'exprimer ton ressenti. Il est important de se dire les choses, c'est ça l'amitié ! Grosses bises.



Danielle 19/03/2014 21:45

La naissance du monde, superbe tableau certes impudique mais vrai, à notre époque on voit tellement de tableaux beaucoup plus osés car après tout celui ci montre un corps féminin dans toute sa
vérité, il n'y a rien à mes yeux qui puisse offusquer ! ou alors il faut nier l'anatomie féminine ! J'aime beaucoup cette toile ! Grosses bises chère Harmonia et bonne fin de soirée. Danielle

Harmonia-messidor 20/03/2014 08:53



Il ne s'agit pas de dénigrer ce tableau qui est une pure merveille. Un blog reste cependant ouvert à tous, et j'ai pensé aux petits enfants pour qui l'anatomie
féminine (aussi belle soit-elle) reste encore un mystère, que seuls les parents sont en droit de révéler où pas. Voilà ce que je voulais dire sur mon choix de ne pas publier.  Grosses bises
ma chère Danielle.



Danielle 14/03/2014 17:34

Une magnifique biographie de Gustave Courbet, un peintre génial à mon avis, quand on voit "Le chêne de Flagey", c'est à couper le souffle, je ne me lasse pas d'admirer ce tableau, une merveille. Il
a choqué ? Mais il en fallait peu pour choquer la Société à cette époque ! Je pense plutôt que c'est son engagement politique qui choquait mais ces paroles n'engagent que moi ! Je suis admirative
des oeuvres représentant les côtes de Normandie, les falaises d'Etretat et un tableau magnifique "La Vague" (je crois ou "les Vagues")Une grande sensibilité dans ses toiles, un talent exceptionnel.
J'aime ce réalisme, cette vérité !!! Merci Harmonia, j'ai beaucoup apprécié ton article. Bises amicales de Danielle

Harmonia-messidor 19/03/2014 21:38



C'est sur la cinquième chaine, le dimanche matin que j'ai pris connaissance de l'histoire du "chêne de Flagey". J'ai trouvé l'histoire très touchante, car de
nombreuses personnes se sont cotisées pour contribuer à son retour en France. - Petite parenthèse, la cinq à souvent de très beaux reportages le dimanche matin.


Les biographies sont toujours difficiles pour moi, car je ne peux malheureusement tout résumer en peu de lignes, alors il me faut sélectionner et essayer de
faire passer l'essentiel. Il y avait tant de belles oeuvres ! J'ai hésité à publier  "La naissance du monde", le tableau est magnifique, mais très impudique, alors, ne voulant pas choquer
les âmes bien pensantes, je me suis abstenue !


Grosses bises



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