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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 00:00

 

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Nom : Monique Andrée Serf - (nom d'artiste) Barbara

 

Née le : 9 juin 1930 à Paris

 

Décédée le : 24 novembre 1997 à Neuilly-sur-Seine 

 

Activité principale : Auteur-compositeur-interprète

 

 

- Née dans le 17e arrondissement de Paris au 6 rue Brochant, Monique Serf passe dans ce quartier des Batignolles les premières années de sa vie entourée de ses parents, Jacques, juif alsacien et Esther Brodsky, de sa grand-mère russe et de son frère Jean, de deux ans son aîné. La famille s'est agrandie : une deuxième fille, Régine, est née à Roanne en 1938 et un deuxième garçon, Claude né à Tarbes en 1942.

 

Bien avant que la guerre n'éclate, sa jeunesse est marquée par des déménagements successifs rue Nollet à Paris XVIIe, et à Marseille, ceux-ci redoubleront sous l'occupation nazie pour fuir la chasse faite aux juifs sous le gouvernement de Vichy.S'y ajouteront les séparations pour déjouer les dénonciations. A la fin de la guerre, les membres de la famille se retrouvent au Vésinet. 

Barbara aura à supporter le comportement incestueux de son père pendant son enfance. Elle refusera d'évoquer le drame en public, sauf dans ses Mémoires.

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Monique a 16 ans. Peu attirée par les études, ambitionne depuis longtemps de devenir pianiste et chanteuse. Ses parents lui promettent de lui offrir des cours de chant. Elle s'inscrit à ceux de Madame Dusséqué. Sa vie en est changée. Au bout de quelques leçons, son professeur la présente à Maître Paulet, enseignant au Conservatoire de Paris qui la prend comme élève. En 1946, les Serfs s'installent au 50, rue Vitruve, dans le 20e arrondissement. L'été est assombri par la mort de la grand-mère.

 

 Dans le nouvel appartement, un piano loué par son père est installé ; Monique en joue d'instinct, sans prendre de leçons. La jeune fille entre au Conservatoire comme auditrice, mais au répertoire de chant classique, elle préfère celui de la chanson populaire. Elle arrête les cours. En 1948, après avoir passé une audition au Théâtre Mogador, elle est engagée comme choriste dans l'opérette Violettes impériales.

 

Un jour son père abandonne soudainement le foyer pour ne plus revenir. Bientôt, la location du piano ne peut plus être honorée. Contrainte de s'en séparer, elle vit un déchirement.

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Voulant à tout prix concrétiser son rêve, devenir << pianiste chantante>>, elle quitte paris, en 1950. Grâce à l'argent prêté par une amie, elle se rend chez un cousin à Bruxelles qu'elle quitte au bout de deux mois. Sans ressources ni connaissances, la vie est difficile. Au hasard d'une rencontre, elle rejoint une communauté d'aristes à Charleroi, qui se réunissent dans un local appelé Mansarde. Là, elle trouve de l'aide et commence à chanter dans des cabarets sous le nom de Barbara Brodi (inspiré du nom de sa grand-mère, Varvara Brodsky). Son répertoire est constitué de chansons d'Edith Piaf, Juliette Gréco et Germaine Montero.

 

Fin 1951, elle retourne à paris pour des auditions sans lendemain. Elle revient à Bruxelles où un ami du groupe de Charleroi lui donne l'occasion de chanter. Elle est mise en relation avec Ethery Rouchadze, une pianiste qui accepte de l'accompagner et auprès de qui elle se perfectionnera au piano. Cette dernière lui présente Claude Sluys, jeune apprenti avocat. Habitué des lieux de spectacles, il se pique d'écrire quelques chansons. Fin 1952, il déniche le << Théâtre du Cheval blanc >> et use de ses relations pour y ouvrir un cabaret afin qu'elle s'y produise sous le nom de Barbara.

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 Le << bouche à oreille >> aidant, le succès ne se fait pas attendre, le mariage (avec Claude Sluys) non plus (31 octobre 1953) ni l'occasion d'enregistrer deux chansons chez Decca au début de l'année 1955.

 

En 1955, les époux se séparent. A la fin de cette année là, Barbara retourne à Paris où elle chante dans de petits cabarets : << La roses rouge >>, en 1956, << Chez Moineau >>, en 1957 puis à << L'Ecluse >> où elle a déjà chanté pour de courts engagements. En 1958, elle réussit à s'imposer, sous le surnom de << La Chanteuse de minuit >>, si bien que sa notoriété grandit et attire un public de fidèles, en particulier parmi les étudiants du Quartier latin. C'est cependant bien sous le nom de Barbara qu'elle effectue son premier passage à la télévision le 12 juillet 1958, sur l'unique chaire de la RTF, dans l'émission

<< Cabaret du Soir >> où la présentatrice la compare à Yvette Guilbert et lui assure << qu'elle deviendra certainement une grande vedette >>.

 

 C'est à cette époque qu'elle commence à écrire. Remarquée et engagée par Pathé Marconi, elle enregistre (sous le label << La voix de son Maître >>) son premier disque 45 tours, 4 titres  avec  2 de ses propres chansons : j'ai troqué et j'ai tué l'amour et au printemps 1959, son premier 33 tours (Barbara à L'Ecluse).

 

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 Le 21 décembre 1959, elle apprend la mort de son père à Nantes. Au lendemain de l'enterrement, elle commence l'écriture de la chanson : Nantes (qu'elle terminera quelques heures avant son passage au théâtre des Capucines le 5 novembre 1963) ; ce sera l'une des plus grandes chansons.

 

 En 1960, elle change de maison de disques pour signer chez Odéon. Elle enregistre Barbara chante Brassens et Barbara chante Jacques Brel : le premier de ces albums est couronné par l'Académie Charles-Cros dans la catégorie << Meilleure interprète >>.

 

 En 1961, elle décroche un tour de chant du 9 au 20 février, en première partie de Félix Marten, dans le quartier du Montparnasse. Sa performance fut peu appréciée, sa présentation jugée austère, à l'évidence pas encore pr^te pour les grandes scènes. Loin de se décourager, elle reprend ses récitals à << L'Ecluse >>. Deux années plus tard, les mardis de novembre et décembre 1963, au Théâtre des capucines, elle retient et captive l'attention avec un répertoire nouveau comprenant deux de ses chansons : Dis, quand reviendras-tu ? et Nantes. Le succès est tel que la maison Philips lui signe un contrat. Séduit, Georges Brassens lui propose la première partie de son prochain spectacle à Bobino.

 

 En attendant, le 4 juillet 1964, elle se rend sans enthousiasme en Allemagne en réponse à l'invitation de Hans-Gunther Klein, directeur de Junges Theater de la ville universiataire de Göttingen. Agréablement surprise et touchée par l'accueil chaleureux qu'elle reçoit, elle prolonge son séjour d'une semaine. Le dernier soir, elle offre la chanson Göttingen qu'elle a écrite d'un trait dans les jardins du théâtre. En mai 1967, elle sera à Hambourg pour l'enregistrer, avec neuf autres titres, traduits en allemand, pour le 33 tours Barbara Singt Barbara et retournera chanter à Göttingen le 4 octobre. En 1988, Barbara recevra la Médaille d'honneur de la ville. En 2002, Xavier Darcos, alors délégué au ministère de l'enseignement, inscrit cette chanson aux programmes officiels des classes de Primaire.

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Comme convenu, elle chante à Bobino avec Georges Brassens en << vedette >> du 21 octobre au 9 novembre 1964. Le public est conquis et les critiques sont unanimes pour saluer sa prestation. Paris-presse-L'Intransigeant écrit qu'elle << fait presque oublier Brassens >>. Elle quittera Paris pour s'installer à Précy-sur- Marne.

 

 Le 14 mars 1965, son premier album Barbara chante Barbara est distribué. Il obtient le prix de l'Académie Charles-Cros et se révèle être un succès commercial. La même année, elle triomphe à Bobino, avec sa première exceptionnelle le 15 septembre, qui la marquera à jamais et qu'elle immortalise peu après dans l'une de ses plus grandes chansons : Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous.

 

<< Ce fut, un soir de septembre / Vous étiez venus m'attendre / Ici même, vous en souvenez-vous ?... >>

 

Dès cette époque, Barbara distribue son argent et use de sa célébrité pour porter secours aux enfants nécessiteux.

 

 Le 6 novembre 1967, alors en tournée en Italie, elle apprend la mort de sa mère.

 

En février 1969, Barbara est à l'Olympia. A la fin de la dernière représentation, à la stupeur générale, elle annonce qu'elle arrête la chanson. Toutefois, elle respecte ses engagements passés jusqu'en 1971.

 On la retrouve, début 1970, au Théâtre de la Renaissance dans Madame, musique : Barbara, texte Rémo Forlani, elle joue le rôle << d'une tenancière de lupanar en Afrique >>. Cette pièce de théâtre chantée est un échec malgré des chansons aux textes et aux musiques soignés. Mais Barbara remet rapidement le pied à l'étrier grâce au succès discographiques de l'année. De nombreuses interprétations font état d'un lien entre l'inceste et l'aigle noir, mais cette affirmation n'est pas prouvée. Barbara disait de cette chanson qu'elle l'avait rêvée, << un rêve plus beau que la chanson elle-même >>.

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En février 1972, Franz, le premier film réalisé par son ami Jacques Brel, sort sur les écrans : même si Jacques Brel et Barbara y tiennent les rôles principaux, le film ne rencontre pas un grand succès malgré sa profonde originalité.

 

 Deux ans plus tard, elle apparaît dans l'Oiseau rare, film réalisé par Jean-Claude Brialy.

 

 Le danseur, chorégraphe et grand admirateur de Barbara, Maurice Béjart, la fait tourner dans Je suis né à Venise. Barbara y tient deux rôles : celui de chanteuse (avec trois chansons : L'Amour magicien, L'Homme en habit rouge et La Mort), et celui de la Dame de la nuit. Ce film ne sera diffusé qu'à la télévision.

 

 Sa carrière musicale demeure active dans les années 1970. Elle intervient dans une émission de variétés à la télévision avec Johnny Hallyday et fait des tournées au Japon, au Canada, en Belgique, en Israël, au Pays-Bas et en Suisse. Par décision, elle interrompt néanmoins ses apparitions audiovisuelles à partir de 1974. A partir de cette période où elle se fixe également à Précy-sur-Marne, ses textes et ses choix musicaux évoluent en profondeur et ses concerts en 1974, 1975 et 1978 accueillent de nouveaux titres importants.

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La chanson de 1974 L'homme en habit rouge évoque le souvenir de sa liaison avec son parolier de l'album La Louve, François Wertheimer, auquel Barbara avait offert le parfum << Habit rouge >> de Guerlain.

 

 Son album Seule est un des meilleures ventes de 1981. Son plus grand succès sur scène est celui qu'elle présente la même année à l'hippodrome de Pantin (emplacement actuel du Zénith de Paris). Elle offre là, bien plus que de simples concerts, ses représentations sont de véritables messes dont les rappels ininterrompus se prolongent jusque tard dans la nuit. Elle interprétera notamment Regarde, chanson pleine d'émotions qu'elle composa et chanta pour la campagne de François Mitterand à partir du 8 avril 1981. C'est lors de ce spectacle phare que la voix de la chanteuse, pour la première fois, et irrémédiablement , sera brisée. Elle ne cherchera pas à le cacher mais saura au contraire s'en servir pour renforcer l'aspect dramatique et authentique de son interprétation.

 

Se renouvelant sans cesse, la chanteuse continue d'attirer un public très jeune. L'année suivante, on lui attribue le Grand Prix National de la Chanson, en reconnaissance de sa contribution à la culture française. Par ailleurs, elle développe une relation de travail et d'amitié avec la vedette cinématographique montante Gerard Depardieu et son épouse Elisabeth. En 1985, elle coécrit la musique et le texte de la pièce Lily Passion avec Luc plamondon, dans laquelle elle joue et chante avec Depardieu. Sorte d'autobiographie romancée ; c'est l'histoire d'une chanteuse qui voua toute sa vie à son public. La première représentation a lieu au Zenith de Paris, le 21 janvier 1986. L'été venu, elle est invitée sur la scène de Metropolitan Opera de New Yorkpour un Gala Performance, donné le 8 juillet. Elle accompagne au piano le danseur étoile Mikhaïl  Barychnikov qui danse sur deux de ses chansons (Pierre et Le Mal de vivre).

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A cette époque elle devient active dans la collecte de financement pour le traitement du Sida. Elle rend visite aux malades dans les hôpitaux et dans les prisons. Lors de ses concerts, elle met des corbeilles de préservatifs à la disposition des personnes venues l'écouter ; engagement dont témoignera artistiquement le titre Sid'amour à mort.

 

 En 1988, elle est faite chevalier de la légion d'honneur par le Président François Mitterrand. En 1991, elle enregistre << Lettres à un jeune poète >> de Rainer Maria Rilke pour les EditionsClaudine Ducaté. Elle dédicacera cet enregistrement dans une librairie parisienne, la même année.

 

 En novembre/décembre 1993, Barbaraest à nouveau sur la scène parisienne du Théâtre du Chaâtelet. C'est alors que des problèmes de santé la contraignent à interrompre les représentations. Après quelques jours de repos, elle retrouve son public, le temps d'enregistrer le spectacle, puis renonce à poursuivre et annule les dernières représentations. Suit une tournée. Son ultime apparition sur scène aura lieu le soir du samedi 26 mars 1994 au Centre de congrès Vinci de la ville de Tours.

 

 Après 16 années passées loin des studios, elle enregistre douze nouvelles chansons en été 1996. Pour ce disque Jean-Louis Aubert signe le texte Vivant poème et Guillaume Depardieu le texte émouvant de la chanson A forcede. Sorti le 6 novembre, sobrement intitulé Barbara, sera son chant du cygne.

 

Malade, elle consacre son temps à la rédaction de ses mémoires, interrompues par une intoxication alimentaire foudroyante le 24 novembre 1997. Elle meurt à l'hôpital americain de Neuilly à l'âge de 67 ans. Elle est est enterrée trois jours plus tard en présence d'une foule innombrable, au cimetière de Bagneux, au sud de Paris. Dans ses mémoires, paraissent en 1998, elle dévoile la part douloureuse de son enfance en révélant (sans que le mot soit écrit) l'inceste de son père sur l'enfant qu'elle avait été, ce qui donne un autre éclairage à certaines de ses chansons, plus particulièrement Au coeur de la nuit, Nantes ou Mon enfance.

 

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  Tombe de Barbara au cimetière de Bagneux, au sud de Paris

 

Ses chansons sont devenues des classiques et restent largement diffusées. Parmi ses titres incontournables, on peut citer : Dis, quand reviendras-tu ?, Nantes, Au bois de Saintmand, Göttingen, La solitude, Une petite cantate, La dame brune, L'Aigle noir, Marienbad, Ma plus belle histoire d'amour, Pierre, Le mal dez vivre, Vienne, Drouot...

 

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Une boite placée sur sa tombe, contenait deux gros registres de poèmes et dessins déposés par ses fans. Les registres auraient disparus... (à vérifier)

 

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Published by Harmonia-messidor - dans Biographie
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commentaires

anne laure 07/11/2011 22:45


quel bel article sur barbara
une artiste que j'aime vraiment bcp et que j'ecoute de temps en temps avec sa voix inimitable
bizzz
anne laure


covix 01/11/2011 23:51


Bonsoir Harmonia,
Merci pour cette belle bio de Barbara, un e de chanteuses préféré.
Bonne soirée
Bises


Framboise44 01/11/2011 11:43


voilà une bien belle biographie , j'avais déjà eu l'occasion de voir une partie de sa vie dans un documentaire sur France 5 .. mais la tienne est plus complète ...
j'ai mis ton poème ce matin sur mon blog ...
encore mille fois merci
bonne journée


tony... 01/11/2011 10:00


je connaissais un peu la biographie de Barbara , mais pas dans tous ces détails .
une chanson que j'aime beaucoup d'elle " l'aigle noir "
et sur laquelle j'aime bien gratter quelques notes d'arpège
ce qui n’emmène un peu vers elle .
Merci pour cet article que j'apprécie beaucoup .


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