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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 00:00



Giacomo Leopardi : Moraliste, poète et philosophe italien 

- Né le :  29 juin 1798 à Recanati

- Décédè le 14 :  juin 1837 à Naples


-  Fils aîné du comte Monaldo leopardi et de la marquise Adéaïde, Giacomo Leopardi est issu d'une famille noble de province. Son éducation est rigide et religieuse, sa santé très délicate; sa vie à Recanati est monotone. Le jeune Leopardi mène une vie solitaire dans la bibliothèque paternelle dont il dévore les ouvrages, tout en souhaitant constamment que la mort le délivre : << je suis mûr pour la mort ! >>


- Il est perçu dans le monde littéraire comme poète << pessimisme >>, comme l'illustre le célèbre vers d'Alfred de Musset : << Sombre amant de la mort, pauvre Léopardi >>. Ses ouvrages en prose traduisent également cet état d'âme :  Petites oeuvres morales (opérettes morali, 1826-1827),  Les Cent Onze Pensées ( Cento undici pensieri,   posthume, 1845) et son énorme journal philosophique, le Zibaldone, paru de façon posthume en 1900.
Leopardi s'adonne à la philologie dès l'âge de quinze ans. A seize ans, il annote La vie se Plotin par Porphyre de Tyr et écrit un essai sur Les erreurs populaires des anciens.

- A vingt ans, il écrit, Premier Amour à la suite d'une désillusion amoureuse. Sa disgrâce physique et sa pauvreté affectent sa vie.

- Durant cette période, il fait la connaissance de Pietro Giordani; mais les espoirs déçus que cette amitié suscite précipitent sa rupture avec la foi religieuse. Giordani, moine émancipé, n'a pas perçu le besoin de Leopardi d'avoir un ami qui le sorte de sa solitude. Sa foi bascule, ses opinions philosophiques changent radicalement, ce qui l'oppose à son père, lui-même écrivain. La maisons familiale, qu'il ne parvient pas à quitter, lui devient insupportable  (<< abborrito inabitabile Recanati >>).

- Dans une lettre du 6 mars 1820, Leopardi relate un rêve à Giordani : << Ces luttes de l'esprit et de l'âme, ce moment précis où la crise éclate dans toute son intensité et l'on s'aperçoit tout à coup que l'on vient de franchir la limite cruciale entre la foi et le doute... >> 
C'est une conception identique de la vie qui émerge, au même moment, chez le poète italien confiné dans sa petite ville chez le philosophe allemand Schopennhauer.
 Ces deux hommes ne se sont probablement jamais rencontrés ni écrit, et Leopardi n'a pas lu le livre de Schopenhauer Le monde comme volonté et comme représentation. Leopardi résume sa philosophie du pessimisme dans le concept d'infelicità.  n'écrit pas pour propager ses idées; il chante en poète son mal de vivre et en tire une vision de la condition humaine. Il ne veut pas adhérer à l'école des lyriques et des désespérés qui l'ont réclamé pour leur frère. Il ne veut pas du désespoir intellectuel et garde sa liberté de pensée

- Il voyage beaucoup mais ses ressources financières sont faibles. Au mois d'octobre 1822 sur les instances de quelques amis, il quitte Recanati pour Rome.
 Il rencontre des amis - Barthold Georg Niebuhr, ministre de Prusse à la cour pontificale, Alessandro Manzoni, le baron Christian Cari Josias Bunsen (1791-1860), diplomate, archéologue et historien, successeur de Niebuhr comme ministre de Prusse,
Johann Gothard Reinhold (1771-1838), ministre de Hollande, bibliothécaire d'Angelo Mai - et se fait des ennemis - le bibliothécaire Guglielmo Manzi.
 Il ne trouve pas de situation stable, refuse d'entrer en prélature et ne se résout pas à un emprunt qui aurait amélioré sa condition.
Il ne demande rien à son père qui ne lui propose aucune aide financière. Tout juste Léopardi opte-t-il pour du travail d'édition et se voit-il chargé de dresser le catalogue des manuscrits grecs de la bibliothèque Barberine. 
Les quelques voyages hors de la maison familiale seront brefs, à Bologne, Pise ou Florence.

- Son nationalisme apparait dans ses poèmes A l'Italie, Sur le monument de Dante (1818) ou  A Angelo Mai  (1822).
Il est fasciné par la gloire passée de l'Itale mais, après Dante, Le Tasse et Alfieri, ne lui voit aucun avenir et condamne la France pour avoir envoyé à la mort les légions italiennes durant la campagne de Russie.
 Dante a préféré l'enfer à la terre, et Leopardi lui-même, dans le poème Paralipomènes de la Batrachomyomachie, décrit de façon sarcastique sa propre descente aux enfers.

- Brutus le Jeune(1821) est une illustration du pessimisme de Leopardi; Brutus était le dernier des anciens sages et il ne reste après lui aucune espérance. Léopardi s'oppose aux romantiques dans son Discours sur la poésie romantique (1818) et découvre un an plus tard la philosophie sensualiste du siècle de lumières qui influencera considérablement son oeuvre.
 Il chante le néant de l'homme face à la nature avec Le genêt ou La fleur du désert, et son désespoir dans La vie solitaire (1821), L'infini (1819) et A Sylvie.


Biographie poétique

 Leopardi, dès son enfance, cherche à atteindre la << gloire des lettres >>. il se réfugie pour cela, dès l'âge de dix ans, dans la grande bibliothèque de son père, où il passe  sept années d'étude, fou, sans espoir au cours desquelles il apprend seul le latin et le grec, l'hébreu et plusieurs langues modernes dont l'anglais et le français. Les premières oeuvres sont des produits de pure érudition classique et des traductions philologiques que l'on appelle << puerilia >>.

 C'est en 1816 que Leopardi traverse une première période de transformation poétique, appelée par les critiques << conversion littéraire >>, c'est à dire un passage de l'érudition au sentiment philosophique du beau.
Une deuxième conversion se produit en 1819, celle-ci est la << conversion philosophique>> marquée par le passage du beau au  << vrai >>.
Leopardi se rend compte de la nullité des choses humaines; il écrit dans le Zibbaldone<< nel nulla io stesso ( dans le néant moi-même) >>).

Il est atteint en 1819 par une ophtalmie qui l'empêche de lire et le conduit à une tentative de suicide.
En 1822, Leopardi s'échappe du << natio borgo selvaggio >> (<< bourg sauvage natif >>, c'est à dire Recanati).  Il se rend à Rome mais la ville le déçoit et il parcout toute l'Italie : Milan, Florence, Pise, Naples.
Cette première période, jusqu'en 1822, est caractérisée par une production littéraire constituée notamment par des chansons patriotiques ( all'Italia) et et des idylles (du nom des oeuvres du grec Moschus, que Leopardi avait traduites en 1815).

Oeuvres :
  • Canti (chants)
  • Operette morali  (Petites oeuvre morales)
  • Zibaldone di pensieri
  • Discorso di un italianointorno alla poesia romantica
  • Discorso sopralo stato presente dei costumi degli italiani
  • Pensieri (pensées)
  • Epistolario (Bollati Boringhieri, Turin,  19998

                                                                              
                                                                          Tombe de Giacomo Leopardi - Naples

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Published by Harmonia-messidor - dans Biographie
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commentaires

Olivier 24/03/2009 16:25

je connaissais "Premier Amour" mais tu m'en a appris beaucoup avec ce très bel article..

Harmonia-messidor 24/03/2009 21:23


Tu sais mon cher Olivier il m'arrive également de redécouvrir en préparant mes articles, des poèmes que j'avais un peu oublié...mais c'est un réel
plaisir de les partager avec les amis(e). Bonne soirée.


jakeline 22/03/2009 20:52

Bonsoir ma Camelia.

Je te souhaite que du bonheur avec ta fille et de très bonnes vacances dans le Gard. Ici sa va, le printemps est arrivé et pour moi attirée par la nature mais sans mon Toby c'est tellement dure. Je te fais des gros bisous.

Ton amie jakeline

Harmonia-messidor 24/03/2009 20:01


Merci ma chère Jakeline, je vais également voir mes deux petites filles, et ça c'est du bonheur !
Je  suis consciente que pour toi il n'en est pas de même, je comprends très bien que l'absence de ton Toby soit très dure pour toi ! Grosses bises ma chère Jakeline.


Danielle 22/03/2009 17:29

Bonjour ma chère Harmonia, tu sais combien j'aime lire les biographies toujours très riches que tu nous offres. Giacomo Léopardi, l'incarnation du pessimisme, qui a vécu moins de 40 ans. Ses états d'âme, sa tristesse ont accompagné ce grand poète tout au long de sa courte vie. Quand il écrit " on s'aperçoit tout à coup que l'on vient de franchir la limite cruciale entre la foi et le doute", je le comprends tout à fait. Quand on trop souffert, quand le mal vivre vous envahit, on a une autre vision de la vie et de la foi. Certains y trouvent la force de continuer, un soutien, d'autres au contraire se réfugient dans des convictions différentes. Chacun vit différemment les vissicitudes de l'existence. Je pense que tu me comprends ma douce amie. Je te fais de gros bisous. Danielle

Harmonia-messidor 22/03/2009 21:35


Il y aurait eu tant à dire ! C'est la soirée Leopardi sur lequel j'avais écrit un article invitant ceux qui le pouvaient
à assister à cette soirée. Soirée très enrichissante, qui m'a permis de découvrir le poète beaucoup plus profondément. Il eut un premier amour qui se termina mal, puisque l'élu de son coeur le
laissa. Il en ressenti une telle blessure que les répercussions furent importantes : il perdit la foi, et son pessimisme en découla certainement, bien qu'il vivait cet état plutôt comme une
lucidité inhérante à la vie... Oui je te comprends ma chère Danielle, je te comprends...Bises mon amie


christel/seuleaumonde 21/03/2009 17:44

des bisous du week-end! moi je profite du soleil ! même s'il est accompagné d'un vent un peu froid ... à lundi ! christel

Harmonia-messidor 22/03/2009 21:17


Tu as raison ma chère Christel de profiter du soleil, car le week-end est toujours trop court...Bises


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